Le fils de la Lune. -projet BD-
Synopsis : Sam.
Scénario : Dolerf.
Il était une fois, quelque part dans la voix lactée, et depuis la nuit des temps, le Dieu Soleil. Il régnait depuis toujours, avec sa compagne la Déesse Lune. Ils parlaient des millénaires durant sans s’ennuyer : le temps passe vite lorsqu’on a ni repères et ni échelle : chez eux un jour pour nous équivalait bien à un an pour eux.
Un jour cependant, durant une des nombreuses éclipses lunaires, le Soleil qui ne savait plus comment combler son ennui seul, fit naître bactéries, puis plantes, puis animaux et enfin humains : il avait réussi à créer à vie sur Terre. Sa fierté naturelle le poussa à s’en venter durant des siècles à sa conjointe à la Lune. Celle-ci, d’un naturel calme et posé, ne s’en soucia guerre, et félicitait son ami de son exploit. La nuit, elle apparaissait alors aux hommes que nous sommes et se contenter de les regarder d’un air rêveur. Pourrait-elle un jour aussi donner naissance à de petits êtres ?
Le Soleil, las de conter une nouvelle fois sa performance, et vexé de l’absence de réaction qu’il espérait plus vive, la mit au défi.
” – Hé bien, chère Lune, puisque ma prouesse n’a l’air de rien te faire, c’est sans doute que tu t’estimes capable de mieux faire !
- Nullement, mon frère ! Je suis agréablement surprise de votre action sûrement unique ! J’aime votre oeuvre et je ne cesse de les contempler la nuit durant !
- Que dis tu, insolente ? Tu penses que d’autres que moi on pu réussir pareil exploit ?
- Jamais, Ô fidèle moitié, mais seulement, je suis trop jeune et trop petite pour voir ce qu’on fait nos cousins de la Voix Lacté.
- Et bien moi, je te dis que je suis le SEUL pouvoir donner la vie. Et si tu en doutes, prouve moi donc le contraire et créer donc semblable ouvrage. “
La Lune était bien triste; la voilà à présent seule en l’absence de son frère qui préférait s’occuper de ses fils que de parler à ce qu’il estimait traître, et devant un défi qui lui semblait impossible à relever. En effet, si elle avait déjà vu beaucoup d’hommes, d’animaux et de végétaux, elle ignorait comment son frère avait fait pour les faire vivre. Lui qui était beaucoup plus grand, brillant et qu’elle admirait par-dessus tout, elle devait désormais se mesurer à lui et entrer dans une lutte sans queue ni tête. Cependant elle savait que si elle ne réussirait pas, jamais il ne lui pardonnerai de s’être ainsi adressé à lui. De plus, elle désirait depuis toujours avoir elle aussi un ‘fils’ à elle, rien qu’un seul, à force de nous observer la nuitée durant. C’était l’occasion de s’adonner à la tâche.
Elle pensa dans un premier temps aller demander de l’aide aux hommes, seules créatures vivantes dotées d’un langage et de réflexion. Elle tenta de modeler une statuette d’argile, attendit une éternité mais celle-ci ne prit vie. Elle eut beau tenter de communiquer avec autochtones, le décalage de temps, de langage (oral et écrit pour l’Homme, silencieux et spirituel pour la Lune) lui empêcha de mener à bien sa tentative. Elle voulu alors demander de l’aide à son frère, des conseils, une piste, mais l’échec fut plus cuisant encore; le Soleil devient plus orgueilleux face à sa soeur.
” Cette Lune a besoin d’aide maintenant ? Elle ouvre enfin les yeux sur le caractère titanesque de mon labeur ? Tant pis pour elle ! Elle n’a qu’à méditer sur ses paroles avant de me rabaisser ainsi !”
Tout en continuant à veiller sur eux, elle commençait à perdre espoir. Elle revint dès lors à la source et recommença à les observer. C’est ainsi qu’elle découvrit le secret de la naissance de la Vie.
Lors d’une nuit calme, L’Astre Clair se mit alors au travail. Elle se penchant vers l’immensité de l’océan, son ami terrestre, et se modela une nouvelle fois un homme d’argile. Elle y mit tout son temps et sa passion et en fit sa plus belle statue. ” Si et seulement si mon idée marche, alors tu seras plus que ma plus belle statue, tu seras ma plus belle oeuvre. ” pensa alors la Lune. Elle fit monter les eaux de la marée et trempa entièrement le golem d’eau salée. Les pouvoirs magiques de la Lune envahirent ainsi l’argile. L’homme était en vie.
Furieux. Le Soleil était furieux de n’être le seul Créateur. Lui seul avait comprit qu’il fallait de la force et de l’énergie à donner pour engendrer la vie ! Et quand bien même sa sotte de soeur aurait compris, bien plus tard que son brillant frère, comment y était-elle parvenue ? Sa si faible camarade, qui ne brillait que grâce à lui… Et elle osait, l’impertinente, tenter de détourner l’attention de ses créations ? Un deuxième Dieu ? Jamais !
S’il reconnu le Don de Vie à sa soeur, bien moindre malgré tout que le sien, le Soleil ne s’avouait pas vaincu. Du moins pas au yeux du monde, du sien. C’était lui qui l’avait créé, et il ne voyait pas l’utilité d’apprendre aux hommes qu’il y avait d’autres astres magiques. Il demanda à sa soeur de ne pas ébruiter sa “chance insolente” aux hommes, et alors seulement il l’admettrait égale à lui, et lui reparlerai comme avant, non sans rancune toutefois. Son humain devait donc rester caché, et ne paraitre que la nuit durant, sous risque de rappeler au Soleil sa défaite. Il courrait alors le risque de se voir brûler sur-le-champ par l’Astre Jaloux.
Trop heureuse de retrouver son frère, elle accepta donc sans conditions. De plus, la victoire ne l’intéressait pas. La naissance de son propre fils était une récompense largement suffisante, et vraiment inespérée.